Archive | février, 2011

Another Ben Brik in the wall

17 Fév

Cette note, cela fait bien 4 semaines que j’avais envie de l’écrire.  Depuis la parution de cette interview pour être plus précis.

A l’époque, j’avais laissé tomber l’affaire par manque de temps et de motivation. Car aussi détestable que pouvait être le personnage Ben Brik, je gardais toujours en tête sa grève de la faim, ses protestations anti-Ben Ali et les coups montés dont il a été la victime.

Et puis vint cette tribune, toujours sur le Nouvel Obs, où Ben Brik nous gratifie des ces plus beaux propos haineux sur le nouveau gouvernement. Des propos qui visent le physique, les familles, la CSP de ces individus, mais en aucun cas leur activité politique ou leurs actions. Et quand il le fait, c’est toujours sans preuve.

Bizarrement, après cela, le passé activiste de TBB a été oublié, le temps et la motivation ont été tout de suite trouvés.

Ci-dessous, l’Interview de Ben Brik avec mes commentaires.

Journaliste : Vous venez d’annoncer votre candidature à la prochaine présidentielle en Tunisie. Qu’est-ce qui vous pousse à vouloir assumer une telle responsabilité ?

TBB : Puisque les jeux sont ouverts, pourquoi pas imaginer un Ben Brik, qui a combattu farouchement un Ben Ali pendant un quart de siècle, à la tête de la Tunisie ? Depuis 2004, je me présente à l’élection présidentielle. Cette fois c’est la bonne, la vraie. Si cette élection avait lieu, je serais le premier président élu démocratiquement par les révolutionnaires.

Ça commence bien.

Mon parcours d’opposant de toujours plaide pour moi. Je suis le prophète de cette révolte car j’ai prédit l’histoire de la Tunisie à travers mes livres. Mes écrits sont prémonitoires. Dans un de mes poèmes « La Complainte de janvier », j’ai anticipé ce moment. Je disais qu’un janvier engendrerait un autre janvier. De ce janvier, la Tunisie s’est offert aujourd’hui son jour de gloire.

Ça commence même très bien, Ben Brik est notre prophète, il ne transforme pas l’eau en vin, ne marchera pas sur l’eau, mais aura prédit la révolution. Si après ça, le peuple tunisien ne l’élit pas, c’est qu’il ne comprend vraiment rien à la politique.

Qu’on le veuille ou non, je suis le symbole pré-historique de cette opposition à Ben Ali. Je suis le père légitime de la révolution, le Montaigne, La Boétie de la Tunisie. Ce trophée m’appartient.

Oyez, oyez brave gens, vous pensiez que cette révolution était celle des jeunes ? Celle des martyrs ? Que nenni, « hedha men fadhli Ben Brik ». Soit dit en passant, le sacrifice de 120 martyres est un « trophée » pour notre ami. A signaler aussi que La Boétie est mort à 33 ans,  nous on doit subir les progrès de la médecine. La vie est mal faite.

Journaliste : Vous avez l’air sûr de vous et optimiste. Vous dites même que vous serez le favori. D’où tirez-vous cette légitimité ?

TBB : Je suis un des leurs. Je suis fils de mineur, frère de syndicaliste et de la gauche tunisienne. Je viens d’un village situé à cinq kilomètres de Thala et de Kasserine, où  la révolte a été forte.

Mauvaise nouvelle pour les martyrs de Tunis, Sousse, Baraket el Sahel et consorts, vos vies ne valent pas grand-chose. Pour s’approprier la révolution tunisienne, il faut bénéficier du droit du sol à Thala ou Kasserine.

Je viens de cette région où les gens ont le visage basané, et non ce « visage pâle » de ceux qui se disent opposants et qui sont entrés dans le nouveau gouvernement d’union nationale.

Et hop, un argument raciste : la 2ème condition pour s’approprier la révolution, c’est d’investir dans l’auto-bronzant. Autant le dire tout de suite à nos amis albinos, vous serez surement passible de prison à vie selon la loi Ben Brikienne.

C’est clair, je suis le plus ancré dans la population

Par population, vous voulez dire Wehrmacht ?

Et d’ailleurs, qui connaît Néjib Chebbi, Mustapha Ben Jaafar, ou même Moncef Marzouki parmi les Tunisiens qui sont descendus dans la rue ? Personne ! Ils sont inconnus au bataillon !

Marzouki milite depuis 30 ans, Chebbi depuis 27 ans et Ben Jaafar depuis plus de 40 ans. Ben Brik par contre, s’est fait connaitre par sa grève de la faim en 2000, soit 10 ans de cela. Je le laisse faire le calcul.

Par contre Ben Brik, ils le connaissent très bien. D’ailleurs, quand je sors, c’est toujours un bain de foule.

Bain de foule d’un opposant ? Dans la Tunisie d’avant le 14 janvier ? On ne nous prendrait pas pour des cons par hasard ?

Mon espace de liberté d’expression a souvent été Internet où j’ai mis en ligne mes écrits. Un média que ces gosses manient très bien. Tapez mon nom sur Google et vous verrez ! Je suis partout.

Tout comme Tarek El Mekki dis-donc. Bravo !

Journaliste : Mais vous n’êtes pas le seul, le bloggeur Slim Amamou, nommé secrétaire d’Etat à la Jeunesse dans le gouvernement de transition, est aussi une figure de la révolution très présente sur le web…

TBB : Mais son père est au RCD !

Donc, si on suit votre logique « génétique », vos parents étaient cons, racistes et vulgaires ?

Il a été approché par le nouveau gouvernement pour faire bonne figure. Comme lui, à l’heure où Ben Ali tombait, une cohorte de gens s’est précipitée pour se déclarer opposants. Mais ce sont des inventions. Moi, j’ai toujours été dans le viseur du président déchu.

C’est clair , d’ailleurs tout le monde sait que le 22 mai dernier, Slim Amamou et Yassine Ayari sirotaient des diabolos menthe dans un bistrot parisien…

Journaliste : Quels sont vos liens avec les autres acteurs issus comme vous de la société civile qui ont joué un rôle important dans les émeutes, comme l’UGTT ?

TBB : Je suis très proche des syndicalistes qui ont encadré cette révolution, des droits de l’hommistes, des poètes, des écrivains et des journalistes.

On me signale que la tombe de Mohamed Ali Hammi est en train de bouger, le défunt est en train de se retourner violemment dans sa tombe.

Les secrétaires généraux qui ont poussé la centrale syndicale à se rebeller sont mes amis. Ils ont co-fondé avec moi la revue « L’Arc de la dignité ». Ce sont mes alliés naturels qui soutiendront obligatoirement ma candidature.

1ère nouvelle, l’UGTT est un parti politique, et il devrait y avoir des primaires entre Jrad et Ben Brik. J’en salive déjà. En tout cas, notre ami semble très sûr de lui.

Journaliste : Et si leur popularité les pousse à porter un candidat issu de leurs rangs...

TBB : Là, on verra.

Ah pas si sûr de lui que ça apparemment.

Mais moi, je me présente. J’ose tenter ma chance. On ne pourra pas me reprocher de ne pas avoir essayé.

Ce qui est sûr, c’est que personnellement, je ne te reprocherais rien si tu n’essaies pas.

Journaliste : Quelles valeurs allez-vous donc porter ?

TBB : On va faire table rase du passé. On ne tourne pas la page de l’histoire de la Tunisie, on la déchire. La première chose que l’on va établir, c’est la création d’une assemblée constituante pour confectionner une nouvelle constitution.

Allo, Taoufik, juste pour te dire que c’est déjà en cours, et c’est celui que tu qualifie de « bourge » dans l’un de tes pamphlet (voir plus bas) qui s’en occupe. Faut suivre un minimum (le 21 janvier, ce rôle était déjà assigné).

Ensuite, on va organiser une convention nationale décentralisée des états-majors de toutes les sensibilités pour définir le terrain sur lequel tout le monde va s’affronter. Puis on va plaider pour des lois communes sacralisant les libertés individuelles. La priorité sera donnée au service public et aux transports. Je prône une économie qui prendra ses sources dans la collectivité. L’expérience est inédite, mais comme je l’ai déjà dit, je l’avais prédit, je l’ai raconté.

Hallelujah !

Comme cité plus haut, Ben Brik, ne s’est pas arrêté là ; dans sa dernière tribune, il nous a sorti un ramassis de vulgarité dont lui seul a le secret. Hatem Nafti lui a très bien répondu sur Nawaat, (http://nawaat.org/portail/2011/02/16/droit-de-reponse-a-attention-de-taoufik-ben-brik/) mais il reste quelques points que je ne pouvais laisser passer. En voici quelques extraits  regorgeant « d’attaques » envers les membres du gouvernement actuel :

Néjib Chebbi, ministre du Développement et des Régions avoue avoir la trouille d’aller à la rencontre des gens de l’intérieur. « Je ne me sens pas en sécurité », pleurniche t-il.

Aucune source citée, uniquement des ouï-dire, les bases du journalisme manque toujours apparemment.

Rajhi, le tout nouveau régent de la Dakhilia( ministère de l’intérieur), se la joue jovial et décontracté et lance une campagne de popularité sur Facebook pour nous faire oublier son faux premier pas de gorille à la Kasbah. Canarder, matraquer et gazer les manifestants est un détail peu important à ses beaux yeux.

On sait tous, que le ministre de l’intérieur ne contrôlait pas les troupes responsables des évènements d’El Kasbah. Quant à la partie sur Facebook, je trouve qu’il y a un certain paradoxe à se vanter d’être présent sur le net et critiquer les autres pour la même chose.

Reste messires Iyadh Ben Achour, le très honorable fils du cheikh Tahar Ben Achour et le frère ainée de Sana Ben Achour. Lui, il me fait marrer, lorsqu’il dit qu’il est respectable. Hum…Qu’est-ce qu’on a à foutre de son intégrité. La rue ne veut pas de lui. Un bourge ne peut en aucun cas parler au nom de la révolution des enfants de la balle.

Stooooop ! Info importante : si vous êtes issus d’une famille cultivée ayant œuvré pour  le développement culturel du pays, et bien vous êtes persona non grata. Pas de place pour les « bourges » dans le monde merveilleux de Ben Brik.

Bon, je passerais la partie contre Ghannouchi où ses seuls arguments étaient le physique, l’apprence et la maison de ce dernier.. Je passerais aussi la partie où l’on apprend que les habitants de Thala et Kasserine puent des aisselles (le bruit et l’odeur de Chirac, vous vous en rappelez ?), on y a répondu de très belle manière sur Nawaat.

En espérant que ma bouteille à la mer arrivera jusqu’au concerné, je nous souhaite un monde où nos journalistes soient plus compétents et qu’on ait droit à des vraies critiques politiques.

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