Archive | juin, 2011

Tout ce que vous ne pourrez pas faire cet été

27 Juin

Comme vous le savez surement, nous assistons depuis la 14 janvier à un « léger » changement dans notre pays. Un dictateur a quitté le pays en laissant d’autres beaucoup plus discrets lui prendre la place, engendrant un certain remue-ménage dans notre pays tout vert comme aime à le répéter Slah Mosbah.

Pendant l’hiver, on ne s’est aperçu de rien, parce qu’à vrai dire, l’hiver, le tunisien ne fout pas grand chose et ça ne le gène donc pas que tout tourne au ralenti. Mais là, l’été arrive, le mercure monte, on sent arriver les vacances et c’est là qu’on commence à se rendre compte que le printemps arabe va bel et bien nous pourrir nos vacances.

Vous pensez que j’exagère ? Afin que vous constatiez l’ampleur des dégâts, je vous propose un récap de tout ce que vous ne pourrez pas faire cet été (je vous préviens, c’est flippant) :

  • Oui cet été commence déjà très mal. Depuis janvier, vous étiez tout content que Youporn remarche, vous vous disiez que maintenant après avoir maté les filles sur la plage, vous alliez enfin pouvoir vous « détendre » devant les meilleures vidéos des MILF américaines. Mais à cause d’une bande d’avocats frustrés invoquant la sécurité de leurs gosses (voir Clara Morgane à poil, ça cause des dommages irréversibles parait-il), plus de granny, plus de teen, plus de BBW (vous saluerez le travail de documentation effectué pour trouver tous ces termes techniques). Désormais, étant donné votre physique difficile (je pars du principe que si vous lisez un blog et que vous êtes un mec, vous êtes surement un no-life, chauve et gros de surcroit) et par conséquent votre impossibilité de « choper de la meuf », vous devrez vous mettre le contenu d’un bac à glaçon dans le caleçon à chaque poussée de testostérone.
  • Cet été, vous ne pourrez pas non plus insulter les libyens sur la route comme les autres années. Non pas que nos charmants voisins ne viennent plus chez nous, mais plutôt parce que depuis qu’ils ont commencé leur révolution, ils sont passé à nos yeux d’un peuple au QI largement discutable à un peuple courageux forçant le respect de n’importe quel Khmaïes Boubtan normalement constitué.
  • Oubliez aussi les vieilles allemandes que vous espériez draguer dans le but d’obtenir le précieux passeport européen. Cette année, pas de touristes, keine ! Et ce n’est pas faute d’avoir essayé de les faire venir à coup de Mehdi Houas et de campagnes de com ne sachant pas sortir au bon moment.
  • Autre dommage collatéral lié au tourisme, l’été 2011 sera surement le 1er où les hôteliers tunisiens ne vous traiteront pas comme si vous ne valiez pas mieux que des poils de moustaches coincés dans le rasoir de Saida Agrebi. Non cette année, les hôtels seront vides et feront leur lèche aux tunisiens. Ça les changera des concierges polonaises.
  • Mais ce qui va vraiment nous faire chier cette année, c’est le fait que vous ne pourrez pas voter cet été. Vous pensiez tous que ça allait être la méga teuf le 24 juillet, que vous alliez déposer votre carte dans la fente de l’urne (aucune allusion sexuelle n’a volontairement été insérée dans cette phrase) et gouter pour la 1ère fois aux plaisirs défendus de la démocratie ? Tous ? Non ! Un petit comité appelé « élite du pays » a décidé du contraire et il va désormais falloir attendre octobre pour pouvoir dire non à Ennahdha (de la subjectivité vous dites ? Où ça ?).
  • Au niveau des plaisirs auditifs, vous ne pourrez même plus assister à votre concert annuel de Latifa Arfaoui au festival de Carthage. Oui Latifa est malheureusement cataloguée au rayon des artistes du « nidham el be2ed » et de facto, elle est devenue persona non grata dans nos festivals d’été. Putain de politique !
  • En bon optimistes que vous êtes, vous vous dites qu’au moins en été, vous ne serez pas obligés de regarder le championnat tunisien de Foot. Et bien même pas ! On a raté tellement de journées à cause des « mondassine », envahisseurs de terrains et autres « chamarikh » que vous serez obligés d’admirer les performances d’Aymen Rhifi et Anis Matar Bacha jusqu’au mois d’aout.
  • Rajoutons à cela, le karma qui s’acharne sur nous. Car vous pensiez surement pouvoir vous la péter à la soirée Tiësto du Calypso avec votre nouvel iPhone 5. Mais même Steve Jobs a décidé de vous pourrir l’été vu que le piège à cons ne sortira qu’en septembre. D’ailleurs en parlant de soirées en boites de nuit, vous n’en ferez pas durant tout le mois d’aout, à moins d’être fan des « Bouza Night Fever » en compagnie de DJ Amr Khaled.

Ouais, cet été tout fout le camp. On pensait vraiment bronzer peinard avec nos mojitos à la main et sur un fond de Bob Sinclar mais il a fallu qu’ils la ramènent avec leur révolution.

Salauds de pauvres !

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Vis ma vie de TnTweeple

13 Juin

« Twitter, qu’est ce que c’est ? ». S’il y a bien une question à laquelle on ne trouve jamais la réponse adéquate, c’est bien celle-là. Et franchement, il n’y a rien d’étonnant tant ce truc est incompréhensible pour les « non-initiés ».

Il faut dire que Twitter dans le monde, c’est déjà du grand n’importe quoi : ça envoie des messages d’amour à Justin Bieber, ça retweet du Lady Gaga (j’aimerais bien expliquer aux noobs ce que veut dire retweet, mais ça m’obligerait à expliquer ce que veut dire noobs et ça ferait une phrase trop longue pour une parenthèse) et ça se tape des lol avec Barack Obama. Comprenez que le tweeple qui fait ses premiers pas se retrouve aussi perdu qu’une Saida Agrebi au rayon cosmétique d’une parfumerie.

Vous imaginez donc bien ce que peut être une twittosphère à l’échelle tunisienne ! En fait non ne l’imaginez pas, je vais vous mettre en situation pour que vous, la masse (en opposition à l’élite, catégorie à laquelle les TnTweeple se dit appartenir), puissiez vivre cette expérience très spéciale.

Alors pour commencer, fermez les yeux, laissez vous aller et imaginez que vous êtes un tnTweeple (donc un utilisateur tunisien de Twitter). Si cela marche, vous devriez ressentir un gonflement au niveau de votre tête, car oui, le tnTweeple a définitivement la grosse tête. Si vous avez réussi ce test, on peut passer aux étapes suivantes.

Maintenant on va voir si vous êtes un membre à fort potentiel. Si vous avez opté pour un pseudo du genre « Tounsi 7or », « Free Tunisia » ou « Tunisien libre », autant vous dire que votre carrière twitterienne commence très mal. De même, si vous n’avez pas changé votre avatar tête d’oeuf ou que vous avez tapé un « Lol, je ne c pa koi dire » dans votre bio, dans tous ces cas vous avez très peu de chance de devenir la nouvelle coqueluche de ce cercle si réticent vis-à-vis des nouveaux.

Autre réflexe à éviter, follower en premier Slim Amamou, ceci prouve votre manque cruel d’originalité. Préférez plutôt un Arabasta beaucoup plus underground si vous voulez briller en société.

Après avoir followé les 200 ou 300 personnes qu’il faut, vous allez vous retrouver dans un foutoir sans nom : ça parle référencement entre Yssem Saadi et Moons Girl, tandis que de l’autre côté Mehdi Machta nous fait partager ses checkins Foursquare à l’UGC Cinécité des Halles et que juste à côté,  un individu au pseudo imprononçable nous fait partager les derniers jasmeme en date.  Au milieu de tout ça, un petit être portant le nom de Emna Benji fait des apparitions furtives en posant des questions pouvant autant porter sur le dernier remaniement ministériel que sur la recette du moelleux au chocolat. Ce petit être, très gentil au demeurant se caractérise par son nombre élevé de followers, ce qui prouve le gros côté masochiste des TnTweeple.

Votre Timeline (en gros le flux des tweets des personnes que vous suivez) sera aussi agrémentée de mots doux commençant le plus souvent par la lettre « Z » et que la décence m’interdit de citer ici (aussi parce que ma mère traine sur le blog de temps en temps). Ces mots seront le plus souvent l’œuvre de tweeples comme Zinga, Hamzofsky ou Jude Vlad qui sauront mettre l’ambiance à coups de « Mothafucka » et de #Ter*tek.

Normalement, au beau milieu de tout ça, vous serez déjà assez perdu et vous allez essayer d’envoyer un tweet à Mehdi Lamloum en espérant secrètement qu’il va vous follow, mais bien sûr il va vous ignorer par ce que Mehdi Lamloum est suivi par Barack Obama et qu’il ne s’abaissera pas à votre niveau. Vous pensez aussi secrètement choper Kenza Fourati grâce à Twitter (que vous soyez mec ou fille) et vous lui envoyez un tweet que vous seul trouvez cool du genre « Hé Mademoiselle, vous ne vous appelleriez pas biscotte ? Parce que vous êtes trop craquante », bien sûr ce tweet  restera sans réponse. Alors vous commencez à désespérer de Twitter, vous trouvez ça nul, vous pensez tout lâcher et puis vous voyez le petit clash quotidien entre Naddo_O et Psycke, et vous vous dites qu’en bon tunisien vous adorez voir cela et que Twitter vaut finalement le coup.

Vous passez quelques semaines à observer cette étrange communauté et vous commencez à mieux la connaitre. Peu à peu vous arrivez à comprendre ce qu’est une #bahja, vous connaissez tous les plats de la semaine chez #Yasmina ainsi que les horaires auxquels Anissa Kal se baigne toute nue à Bizerte. Signe de votre adaptation, vous commencez à insulter vos amis qui ne sont que sur Facebook en les traitant de tous les noms. Étape ultime, vous débutez toutes vos phrases par « Ce matin j’ai lu sur Twitter que… ». Bref vous devenez un vrai TnTweeple.

Votre séance est finie. Logiquement, vous devez vous dire que c’est un joli bordel que cette twittosphère tunisienne, que vous n’êtes pas plus avancé qu’au moment où vous vous apprêtiez à lire ce billet, mais je sais qu’inconsciemment vous allez vous rendre sur twitter.com, vous enregistrer et suivre toute cette joyeuse bande car au fond, vous adorez les joyeux bordels.

PS : pour la petite histoire, moi c’est @Marwen, je ne sais pas à quel moment j’apparais dans cette histoire, c’est à vous de me le dire dans les commentaires 😉 (et vous n’avez pas le droit de dire que je fais les vannes les plus pourries de la Twittosphère, on le sait déjà).

A un moment, il va falloir les avoir les cojones !

7 Juin

Aujourd’hui, je suis énervé ! Mais vraiment très énervé ! Du genre à coincer la tête d’Al Zawahiri dans une portière de voiture et lui foutre des low-kick rotatif en plein dans la gueule.

Si je suis dans cet état, c’est à cause de cet article de Leaders, qui soit dit en passant est un site que je méprise totalement, mais qui nous pond sur ce coup cette information très irritante : malgré l’existence d’une loi claire sur le sujet, des étudiantes ont passé des examens en Niqab.

Ce qui me met le plus en boule dans cette histoire, en dehors de l’aspect ridicule de cette situation (identité non contrôlable, triche facilitée sous le niqab…),  c’est que ce genre d’évènement s’est déjà reproduit à plusieurs reprises par le passé.

En effet, il y a de cela quelque semaine, on m’a rapporté qu’un mec a pété une durite dans un bus parce qu’ils passaient du Elissa ou je ne sais quelle chanteuse libanaise à la radio. En bon djihadiste du pauvre, il s’est levé et a obligé le conducteur à changer de station. Personne dans l’assistance n’a daigné s’opposer à ce mec et tout le monde a gentiment écouté Zitouna FM (je précise que je n’ai rien contre cette station).

Une connaissance à moi a, quant à elle,  dû subir les remarques désobligeantes d’un collègue qui l’a gratifié d’un « Istagforallah » à haute voix sous prétexte que cette dernière était maquillée (dans l’état afghano-tunisien, être une femme Barbara Gould est passible d’une peine de mort). Le pire dans cette histoire, c’est que cette dernière, au lieu de porter plainte auprès de sa DRH a préféré se taire et flippe désormais à chaque fois qu’elle descend prendre sa voiture au sous-sol.

Je ne peux pas ignorer non plus le cas des chefs d’entreprise qui laissent leurs employés bosser en « 3ara9eya » le plus normalement du monde (si on part de ce principe, j’ai tout à fait le droit de venir bosser en chapeau de cow-boy ou en bonnet elfique, non ?).

Dans tous ces cas de figure, ce qui me choque, c’est la résignation des gens vis-à-vis de ces comportements moyenâgeux. Car il faut se rendre à l’évidence : en Tunisie, on n’ose pas s’opposer à ces pratiques de peur d’être considéré comme un mécréant. Critiquer l’intégrisme fait de nous un athée, être athée fait de nous un criminel, CQFD.

Notre culture nous avait imposé 3 tabous, la politique, les arbitres de Foot et la religion. Grâce au 14 janvier et à « Soui3a Sport », deux de ces tabous ont disparu, il s’agit maintenant de faire tomber le 3ème.

J’appelle donc toute personne responsable à se sortir les doigts et à défendre ses droits (ça rime en plus). Posons nos limites à ceux qui croient pouvoir nous en poser,  mettons-nous en tête que la critique du barbu n’a jamais été une critique de l’islam et bougeons ce qui nous sert de derrière avant qu’il ne soit trop tard.

Prions, critiquons, buvons, discutons mais surtout respectons. Et pour qu’on en arrive là, il va falloir les avoir nos p*tain de cojones (ou vos ovaires, c’est au choix).

Vous aussi, apprenez à saigner des oreilles avec le rap tunisien

6 Juin

Musicalement parlant, on aura beau dire mais la Tunisie ne s’en sort pas trop mal. Du Malouf à Si Lemhaf en passant par Hedi Jouini,  les bonnes références ne manquent pas et il faut se rendre à l’évidence : nous sommes un pays de mélomanes. C’est juste que nous l’oublions un peu trop souvent à cause de la MosaïqueFMite aigüe qui touche notre population.

Si on rajoute à cela la fameuse loi de la 9offa qui propulse au premier plan les meilleurs joueurs de bendir de la contrée, on comprend que le tunisien moyen n’ait pour seuls classiques que les « Amn wal Amen » de Soufia Sadok et autres « 7obbak Hedi » de Latifa Arfaoui (qui a une page Wikipedia soit dit en passant).

Mais au milieu de cette mare gluante d’abominations musicales, il y a bien pire figurez-vous ! Quelqu’un a eu la mauvaise idée un beau jour d’importer en Tunisie une musique qui était l’apanage des quartiers du fin-fond de Harlem, à savoir le Hip-Hop (alors qu’il aurait pu se contenter d’importer des bananes comme le 1er Trabelsi venu).

Car oui je le clame tout haut ! Si 2pac, Biggie et Nate Dogg sont morts, c’est surement parce qu’ils ont dû écouter un morceau de rap tunisien.

Vous pensez que j’exagère ? Pour la peine, je vais vous faire découvrir une petite panoplie des pires morceaux rap que la Tunisie n’ait jamais entendus pour que vous constatiez par vous même l’ampleur des dégâts !

Pour commencer, s’il y a bien un rappeur qui a sublimé le rôle du MC tunisien (vous la sentez l’ironie là ?), c’est bien le grand Slim Slema.

Tout y est : le drap léopard, la veste Scott so 1995, le « Mourouj 1 riprisent » et bien sûr la fameuse soucoupe volante que tout gangsta rappeur qui se respecte se doit de mettre dans son clip.

Mais à part le Mourouj, un autre quartier chaud de Tunis a produit le groupe le plus Bad Boy de l’histoire de la Tunisie. Ce quartier, c’est bien sûr celui de Carthage Salambo, situé à quelques kilomètres du palais présidentiel, on raconte que la nuit des guerres de gangs éclatent laissant des dizaines de morts devant leurs veuves éplorées.

Alors ce refrain ? C’est du grand art n’est-ce pas ? On sent toute la souffrance de ces pauvres ados qui ferait flipper n’importe quel être humain qui croiserait leur chemin.

Mais le Hip-hop tunisien, c’est aussi des meufs en soutif, des grosses berlines allemande et des ponts mauves. Et ça Ahmed Mihoub et son pote Seif Freestyle l’ont bien compris, ce qui leur a valu d’avoir « boucoup boucoup » d’ennemis.

Sinon pour rendre à César ce qui appartient à Lotfi Abdelli, des termes aussi connus que « Dégage » ont vu leur apparition grâce au Hip-Hop tunisien, plus précisément dans ce clip du comique tunisien et de son acolyte Emino, surnommé Don Caméléon. Un subtil mélange de flingues en plastique, de Ray-Ban et de Top-niveau.

Bon je m’arrête là parce que sinon ça va faire le post le plus long de l’histoire de la blogosphère tunisienne (plus long qu’un poste de Nadia Ayadi, vous imaginez le truc ?). Mais si vous n’avez pas encore perdu votre ouïe après tous ces chefs-d’œuvre, je vous conseille d’écouter l’autre tube de Seif Freestyle (attention c’est réservé à un public averti),  le nouveau groupe qui déchire sa race, j’ai nommé 3AW, ou encore la dernière de Balti que je ne commenterais pas par respect à la musique.

Vous comprendrez donc bien que si j’attrape ce fameux mec qui s’est dit un jour « bon les mecs, j’ai un super concept que j’ai rapporté des USA, ça s’appelle le rap et ça va déchirer en Tunisie », autant vous dire que je risque de lui dire 2 ou 3 mots et peut-être même lui brûler sa maison histoire de décompresser.

PS : Je n’allais pas clôturer ce sujet sans citer l’inévitable Mos Anif Mossa, qui a rendu le mot « THF » si doux à nos oreilles.

PPS : On ne pouvait pas non plus oublier l’excellent « Na3ti dom enkasser fom » sorti il y a plus d’une dizaine d’années et qui était l’un des premiers morceaux annonçant une longue série de bouses internationales.

PPPS : Mes excuses à El Extranjero, Lak3y, l’Armada et aux 2 ou 3 autres rappeurs de qualité de ce pays.

PPPPS : Ne me remerciez pas, voici un bon remède pour me faire pardonner ;).

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