Archive | septembre, 2011

Parce que moi aussi je me présente à la constituante

27 Sep

Comme tout le monde, j’ai découvert la présentation de Yassine Ayari, blogueur influent, homme politique de renom et révolutionnaire invétéré. Comme Yassine, j’ai décidé de me présenter aux élections du 23 octobre, et comme je n’ai aucune personnalité j’ai décidé aussi de faire une petite présentation sur mon cursus.

Alors pour commencer, Marwen Ben Messaoud (ouais dans ces présentations là, il est bien vu de parler de soi à la 3ème personne) est un diplômé de l’université d’Harvard où il a enseigné la géopolitique à des étudiants aussi renommés que Barack Obama, Claude François et John Fitzgerald Kennedy.

Vice-champion du monde de belote contrée, il ne doit sa défaite en finale qu’à son grand cœur. Il a en effet laissé son adversaire, paraplégique de naissance, gagner la partie afin de lui offrir le bonheur dont il avait besoin.

Durant les 23 ans sous Ben Ali, il s’est distingué par son militantisme accru. On se souvient de la fois où il a brûlé la maison de Abdallah Kallel, de celle où il a sorti tout seul et sans armes Radhia Nasraoui du sous-sol du Ministère de l’Intérieur, du jour où il a filé deux baffes à Mohamed Zine El Abidine parce qu’il lui faisait les poches et du fameux jour où il a kidnappé le rasoir de Saida Agrebi devant l’entrée du « centre Basma pour l’aide aux handicapés ».

Sous Bourguiba, il s’est aussi distingué en tant que leader des émeutes estudiantines et porte-parole de l’UGET. On se souvient d’ailleurs de cette phrase lancée envers le « combattant suprême » au Palmarium en 1976 : « Vous pouvez tromper une personne 1 000 fois, mais vous n’avez pas le monopole du coeur ! ».

Alors qu’il était Directeur Général de Microsoft, Marwen Ben Messaoud a démissionné de son travail pour revenir en Tunisie et soutenir la révolution du 14 janvier. C’est lui qui a lancé le 1er « dégage » sur l’avenue H abib Bourguiba, lui qui a lancé la 1ère pierre sur les flics à Kasserine et c’est encore cette même personne qui, dans une tentative de déstabilisation de l’ex-président, l’a appelé sur le fixe lors de son 1er discours.

Par modestie, nous ne parlerons pas de son intervention en Egypte pour virer Moubarak.

Suite au 14 janvier, le poste de 1er ministre lui a d’abord été proposé, mais Marwen a refusé étant donné qu’il ne pouvait collaborer dans un gouvernement d’Atugéens, trop peu diplômés par rapport à lui.

Le père de Marwen Ben Messaoud est le 1er homme à avoir marché sur la planète Mars et a démantelé par le passé les cellules terroristes du FIS et des Frères Musulmans avec seulement deux de ses hommes.

La police politique surveillait de près Marwen et dans le cadre de tentatives d’intimidation, avait tué son chat devant ses yeux. Ils lui avaient même dégonflé les pneus de sa voiture à un moment où la rupture entre ce révolutionnaire et le gouvernement de ZABA était définitivement consommée.

Durant ses 60 années de militantisme, il aura, pêle-mêle : décolonisé le pays, participé à la création de Facebook, fabriqué le 1er PC portable, créé la franchise Baguette et Baguette et lancé Youporn.

Cet homme a fait beaucoup pour la Tunisie et n’a jamais rien demandé en retour. Aujourd’hui, il veut une seule chose, que vous votiez pour lui. Alors faites-le bordel de merde !

PS : Comme je suis ouvert et tolérant (et un peu masochiste), je vous fais profiter de la présentation originale du candidat Yassine Ayari.

Edit : Suite à quelques remarques me demandant de mettre des photos de moi, je tiens à m’excuser : je n’ai aucune photo où je fais l’amour à un radar, aucune où j’apprends à manger à mon gosse (que je n’ai pas) et je n’ai pas de tuniques bizarres aux couleurs du drapeau tunisien.

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L’armée rafle aussi la mise

24 Sep

Non, aujourd’hui je ne vais pas essayer de faire dans l’humour. Pas de blagues sur les « Mimi Minoucha », pas de tentatives  indécentes de draguer Kenza Fourati et aucune envie de me foutre de la gueule des imams 2.0.

Si je suis d’humeur fracassante, c’est à cause d’une vieille pratique, mauve au possible, qui fait son retour dans nos rues depuis quelques semaines. J’ai nommé : la rafle militaire.

Si vous êtes un mec âgé entre 20 et 35 ans, sans gosses, et n’ayant pas dépassé les deux ans de mariage, vous avez sûrement comme tout citoyen lambda, rasé les murs de peur de croiser le  joli panier à salade bleu qui sert de véhicule de transport à notre belle police nationale (car oui, c’est le plus souvent la police qui fait les rafles pour le compte de l’armée). Vous avez aussi développé un réflexe pavlovien qui consiste à vous voir courir dès que vous entendez la phrase magique « gatta3 rafle ».

Durant des années de ZABAtisation, nous avons tous appris, que l’on soit chômeur, ingénieur ou blogueur influent (parait que c’est un métier reconnu maintenant) à craindre la flicaille du pays. Nous avons tous vécu notre vie d’évadé d’Alcatraz durant ces périodes en jouant à une sorte de cache-cache géant avec nos gentils protecteurs. Et ce, alors que notre Bulletin n°3 était encore plus vierge que mère Teresa.

Pour les plus optimistes, on pensait que ces périodes étaient révolues, qu’elles s’étaient envolées dans le même avion que la famille royale, un certain après-midi de 14 janvier. Pour  les plus réalistes, on pensait qu’il était trop tôt pour revoir ça, qu’au vu de tout ce qui s’est passé (vous savez, la « révolution toussa toussa), on n’oserait tout de même pas réutiliser les bonnes vieilles méthodes policières de si tôt.

Et bien que nenni, en ce moment même, des jeunes tunisiens se font arbitrairement arrêter dans toutes les villes tunisiennes, puis embarquer dans la caserne la plus proche. Pour les chômeurs, ce sera un an d’armée pendant lesquelles ils passeront le plus clair de leur temps à réparer des ponts et se muscler les abdos. Pour ceux qui bossent par contre, la situation devient vraiment grotesque.

Car, comment peut-on tolérer qu’une personne soit obligée de donner jusqu’à 50% de son salaire à l’état, sachant que l’on ne tient pas compte de sa situation actuelle : que ce citoyen se marie dans 3 semaines ou qu’il ait un crédit à rembourser, on s’en fout royalement, on veut juste sa thune, le reste n’est que de la littérature.

C’est tout de même marrant que les personnes qui nous gouvernent préfèrent fermer les yeux devant la majorité des tunisiens qui ne payent pas leurs impôts et préfèrent remplir les caisses du pays avec des méthodes beaucoup plus discutables.

Il est aussi aberrant de tolérer qu’on puisse prélever la moitié du salaire d’une personne alors que si on avait fixé un taux de 10 à 20% en plus d’une journée de formation visant à promouvoir l’image de l’armée, je parierai ce que vous voudrez qu’une bonne partie des citoyens remplira son devoir de son plein gré.

Au lieu de cela, on préfère encore utiliser les bonnes vielles méthodes bananière (vous l’interprétez comme vous voulez) qui ont l’avantage pour eux  de rétablir le rapport de force Police/peuple qui commençait à devenir trop équilibré dans un pays où le citoyen a toujours été le punching-ball ou au mieux, le distributeur de billet des forces de l’ordre.

Je m’adresse donc aux ministères de la Défense et de l’Intérieur : arrêtons ces méthodes barbares et indignes d’un pays placé sous les projecteurs et censé montrer que le tiers-monde n’est pas voué à vivre éternellement sous la dictature. Évoluez, mettez en place de vraies stratégies pour remplir vos caisses et vos effectifs, mais de grâce, nous ne voulons plus de ces méthodes.

PS : Bien sûr, je n’incrimine aucunement tous les policiers du pays, je dénonce juste une tendance générale qui se doit de changer.

NB : si vous souhaitez avoir plus d’informations sur le service national, c’est par ici. Vous aurez la surprise de découvrir que « les dossiers incomplets ne seront pas pris en considération ». Bah oui, si vous voulez donner votre argent, faites-le en bonne et due forme bordel !

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